Valery Ngoy Ndala : l’expérience YALI Dakar, entre leadership africain, science et entrepreneuriat
Afriscience · 22 octobre 2026
Formé au Centre régional de leadership YALI Afrique de l’Ouest, à Dakar, au Sénégal, le Congolais Valery Ngoy Ndala s’inscrit dans une génération de jeunes Africains qui cherchent à faire du leadership un levier d’action dans les domaines de la science, de l’éducation et de l’entrepreneuriat. Retour sur un programme initié par les États-Unis et sur les ambitions qu’il porte pour la jeunesse africaine.
Le leadership ne se résume pas à un titre ou à une fonction. Il se construit à travers les expériences, les rencontres, la formation et, surtout, la capacité à transformer les idées en actions. C’est dans cette perspective que s’inscrit le parcours de Valery Ngoy Ndala, sélectionné pour suivre une formation au Centre régional de leadership YALI Afrique de l’Ouest, à Dakar.
Pour ce Congolais engagé dans les domaines de la science, de l’éducation et de l’entrepreneuriat, cette expérience constitue une étape dans un parcours tourné vers la connaissance, l’initiative et le développement. Elle permet également de revenir sur l’histoire d’un programme qui a contribué à mettre en relation des milliers de jeunes Africains autour d’une ambition commune : renforcer leurs capacités et leur donner les moyens d’agir dans leurs communautés.
YALI, une initiative américaine pour la jeunesse africaine
L’histoire du Young African Leaders Initiative, plus connu sous le sigle YALI, commence en 2010, sous la présidence de Barack Obama. À l’origine, l’initiative est portée par le gouvernement des États-Unis, qui souhaite renforcer les compétences d’une nouvelle génération de leaders africains dans les domaines de la gouvernance, de l’entrepreneuriat et de l’engagement civique.
En 2014, Washington annonce la création de quatre centres régionaux de leadership sur le continent, notamment à Dakar, au Sénégal, pour l’Afrique de l’Ouest. L’objectif est de rapprocher les formations des jeunes bénéficiaires et de favoriser l’émergence de réseaux professionnels à l’échelle africaine.
Le programme bénéficie alors d’un soutien financier américain important, notamment par l’intermédiaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Des fondations, des entreprises et des institutions africaines participent également à sa mise en œuvre.
Il est donc important de le rappeler : YALI est une initiative américaine, et non un programme conçu à l’origine par une institution panafricaine. Son implantation en Afrique repose néanmoins sur des partenariats avec des structures locales et régionales qui contribuent à son fonctionnement.
Cette origine mérite d’être reconnue sans préjugés. Comme tout programme de coopération internationale, YALI s’inscrit dans un contexte de relations entre États, avec des objectifs de formation et de développement, mais aussi des intérêts diplomatiques. Comprendre cette réalité permet de porter un regard plus lucide sur le dispositif, sans nier les possibilités qu’il offre aux jeunes participants.
Dakar, un carrefour de formation et de rencontres africaines
Le Centre régional de leadership YALI Afrique de l’Ouest est établi au Centre africain d’études supérieures en gestion (CESAG), à Dakar. Il entre dans sa phase opérationnelle en 2016, avec une première cohorte de 98 jeunes leaders dont la formation est célébrée le 30 juin de la même année.
Le centre propose des formations axées sur trois domaines principaux : l’entrepreneuriat et le développement des affaires, la gestion publique et le leadership civique.
Derrière ces orientations se trouve une ambition simple : permettre aux jeunes de mieux comprendre leur environnement, de renforcer leurs compétences et de développer des initiatives répondant aux besoins de leurs sociétés.
Mais l’intérêt du programme ne se limite pas aux enseignements. Les participants viennent de différents pays et de milieux professionnels variés. Ils se rencontrent, confrontent leurs expériences et découvrent d’autres manières d’aborder les défis économiques et sociaux du continent.
Pour de nombreux jeunes, ce type d’expérience représente aussi une occasion de sortir de leur environnement habituel, de construire des relations professionnelles et d’élargir leur vision de l’Afrique.
Au fil des années, YALI Dakar s’est ainsi inscrit dans le paysage des programmes de formation destinés à la jeunesse africaine, en contribuant au développement de réseaux qui dépassent les frontières nationales.
Valery Ngoy Ndala, un parcours entre connaissance et action
C’est dans cet environnement que Valery Ngoy Ndala a été sélectionné pour participer au programme de formation du centre de Dakar.
Son parcours retient notamment l’attention par la diversité de ses centres d’intérêt et de ses engagements, qui associent le leadership aux questions scientifiques, éducatives et entrepreneuriales.
Loin d’une conception du leadership limitée à la recherche de responsabilités, cette orientation met en avant une question essentielle : comment mobiliser les connaissances et les compétences pour répondre aux besoins de la société ?
Dans les domaines de la science et de l’éducation, cette interrogation prend une importance particulière en République démocratique du Congo, où les enjeux de formation, de recherche, de publication et de valorisation des compétences restent considérables.
L’expérience YALI s’inscrit ainsi dans une étape de son parcours, en lui offrant un cadre de formation et d’échanges avec d’autres jeunes Africains engagés dans des secteurs différents.
Sa sélection témoigne de sa participation à un programme qui mise sur le potentiel de la jeunesse africaine. Elle ne constitue toutefois ni un classement continental ni, à elle seule, une mesure de l’impact de ses activités. Ce sont les initiatives concrètes, leur continuité et leurs résultats qui permettent d’apprécier la portée d’un parcours.
La science et l’édition au cœur des enjeux africains
L’intérêt de Valery Ngoy Ndala pour la science et la diffusion du savoir renvoie à une question qui dépasse les trajectoires individuelles : quelle place l’Afrique occupe-t-elle dans la production et la circulation des connaissances ?
Sur le continent, de nombreux chercheurs produisent des travaux importants, mais leur visibilité dépend souvent de moyens éditoriaux limités, de réseaux de diffusion inégalement accessibles et de contraintes institutionnelles.
Le développement de maisons d’édition, de revues scientifiques et de plateformes de diffusion constitue donc un enjeu stratégique. Il ne s’agit pas simplement de publier davantage, mais de garantir la qualité des travaux, de soutenir les chercheurs et de faciliter l’accès aux connaissances.
À travers ses activités dans l’environnement éditorial, notamment avec les Éditions Lumumba et Afriscience, Valery Ngoy Ndala s’intéresse à ces questions et à la valorisation des productions intellectuelles africaines.
Cette orientation rejoint les préoccupations du panafricanisme scientifique : renforcer les collaborations entre chercheurs africains, encourager la production de connaissances adaptées aux réalités du continent et améliorer la visibilité des travaux issus des institutions africaines.
Dans cette perspective, le leadership ne consiste pas seulement à savoir diriger. Il implique également de contribuer à la circulation des idées, de soutenir l’innovation et de participer à la construction d’un environnement favorable à la recherche.
Entrepreneuriat : passer des idées aux réalisations
L’entrepreneuriat constitue un autre volet de cette trajectoire.
Dans une Afrique confrontée à des besoins importants en matière d’emploi, de formation et de développement économique, l’initiative privée peut contribuer à la création de valeur et à l’émergence de nouveaux services.
Mais entreprendre exige davantage qu’une vision. Il faut identifier des besoins réels, construire des projets viables, mobiliser des ressources et maintenir une activité dans la durée.
Le rapprochement entre science, éducation et entrepreneuriat ouvre, à cet égard, des perspectives intéressantes. Il permet d’envisager des activités qui ne répondent pas uniquement à une logique commerciale, mais qui peuvent aussi contribuer à la diffusion du savoir et au renforcement des capacités locales.
Pour les jeunes leaders africains, le véritable défi est de transformer les formations reçues en projets utiles, capables de produire des résultats observables.
C’est également à cette exigence que se mesure la portée d’une expérience comme celle de YALI Dakar : non seulement aux compétences acquises pendant la formation, mais à leur utilisation dans la vie professionnelle et dans les communautés.
Une coopération internationale à regarder avec lucidité
L’histoire de YALI rappelle enfin que les programmes de formation ne sont jamais totalement séparés de leur contexte politique et économique.
L’initiative américaine répond à une volonté de soutenir la jeunesse africaine, mais elle s’inscrit aussi dans la politique de coopération et de relations extérieures des États-Unis avec le continent.
Cette double dimension mérite une analyse équilibrée. Il serait réducteur de considérer le programme uniquement comme un instrument d’influence, tout comme il serait inexact de le présenter comme une initiative exclusivement africaine.
Les jeunes participants peuvent tirer de ces formations des compétences, des contacts et des possibilités d’apprentissage. La question essentielle est ensuite de savoir comment ils utilisent ces acquis, avec quelle autonomie et au bénéfice de quelles priorités.
Pour l’Afrique, l’enjeu est également de développer ses propres mécanismes de formation, de financement et d’accompagnement des jeunes leaders, afin que la coopération internationale complète les initiatives africaines plutôt qu’elle ne s’y substitue.
Le leadership se mesure aussi à ce qu’il laisse derrière lui
Le parcours de Valery Ngoy Ndala au Centre régional de leadership YALI Afrique de l’Ouest s’inscrit dans une histoire plus large : celle d’une jeunesse africaine qui cherche à acquérir des compétences, à élargir ses horizons et à participer aux transformations de ses sociétés.
Son intérêt pour la science, l’éducation et l’entrepreneuriat donne à cette expérience un prolongement professionnel et intellectuel.
Mais au-delà des formations et des distinctions, une question demeure : que fait-on de ce que l’on apprend ?
La réponse se trouve dans les projets réalisés, les connaissances partagées, les emplois créés, les collaborations développées et les solutions apportées aux problèmes concrets.
C’est à cette aune que le leadership prend tout son sens. Pour Valery Ngoy Ndala comme pour les autres jeunes issus de programmes similaires, le défi consiste à faire de l’expérience acquise un instrument de contribution durable au développement de leurs communautés.
Car l’avenir de l’Afrique ne dépend pas seulement de sa capacité à former des leaders, mais aussi de sa volonté de créer les conditions pour que leurs compétences, leurs idées et leurs initiatives produisent des changements réels.
